loader-ceres.gif

Le Régime Méditerranéen

Présente dans la culture du bassin méditerranéen depuis des siècles, la diète méditerranéenne a été inscrite en 2010 sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco.

Limité tout d’abord à quatre communautés emblématiques reliées par le même patrimoine culturel commun (Cilento en Italie, Koroni en Grèce, Soria en Espagne, Chefchaouen au Maroc) cet « ensemble de savoir-faire, connaissances, pratiques et traditions » s’est ensuite élargi en 2013 à des territoires du Portugal, de Chypre et de Croatie. Mais au-delà de ces 7 pays, les pratiques du régime méditerranéen et ses produits irriguent bien d’autres régions du bassin éponyme et cela depuis des siècles.

Qu’il s’agissent des médecins grecs ou romains de l’Antiquité (Hippocrate, Galien…), de leurs confrères perses (Rhazès, Avicenne…) ou des médecins européens du Moyen-Âge (Arnaud de Villeneuve, Aldebrandin de Sienne…), tous ont loué et étudié les vertus diététiques des cuisines bordant la Méditerranée. 

Bien que différentes, les cuisines du Nord de la Méditerranée (Provence, Languedoc, Catalogne, pays Balkans, Italie, Grèce, Turquie), de l’Est (Liban, Israël, Chypre, Syrie, Palestine), du Sud (de l’Afrique du Nord à l’Egypte en passant par la Libye) jusqu’à l’Ouest (Portugal, Espagne) partagent de nombreux points communs. Nature des aliments, pratiques culinaires, recours important aux épices, utilisation abondante de l’huile d’olive…. Vous retrouverez chez Comptoir de Cérès la plupart des produits légendaires inscrits dans ce patrimoine commun : huiles d’olives, olives, vins, vinaigres, raisins et moût de raisin cuit ; pâtes et purée de tomates ;  pestos et tartinables ;  aubergines, poivrons, artichauts ou tomates dans l’huile d’olive ;  fruits secs et épices ;  infusions, sirops et confitures ; sésame et miels ;  amandes, noisettes, pistaches et cacahuètes… sans oublier le soleil qui va avec.   

Mais ces caractéristiques vont de pair avec une acceptation particulièrement conviviale des temps de restauration. « Nous ne nous asseyons pas à la table pour manger mais pour manger ensemble » disait Plutarque au 1er siècle de notre ère. Elles sont donc incompatibles avec quelques maux contemporains universellement partagées (abus, ingestion rapide, manque d’activité physique…). 

Depuis longtemps, les bienfaits du régime méditerranéen ont été mis en évidence. Il est connu pour réduire le risque de maladies cardio-vasculaires et de cancers grâce à la qualité des graisses présentes au menu, notamment les oméga-3, dont sont riches les poissons et les oléagineux comme les noix. Le taux de fibres, quant à lui, permet de contrer le cancer du colon. En outre, éviter des aliments inflammatoires permet d’agir sur le microbiote intestinal et depuis que l’on connaît les liens entre intestin et cerveau, on ne s’étonnera pas du fait que le régime méditerranéen permette aussi de lutter contre le déclin cognitif, la maladie d’Alzheimer ou la dépression. Il a, en outre, des effets positifs sur la fertilité et le diabète ! Les bénéfices médicaux du régime méditerranéen sont tels qu’un autre professeur, contemporain celui-là, Gilbert Deray, n’hésite pas à faire de sa recommandation une « priorité mondiale de la réduction des maladies chroniques ».


Les bienfaits du régime méditerranéen

C’est notamment le médecin américain Ancel Keys qui, dans les années 50, nous a donné les clés du régime méditerranéen avec la conduite de « l’étude des sept pays ». 

Il a montré que les populations du pourtour méditerranéen avaient une bonne santé cardiovasculaire, bien que les graisses y apportent près de 40 % des calories, dans une alimentation par ailleurs dépourvue de produits industriels ultra-transformés. Ancel Keys a certainement mis en pratique ses conclusions…  puisqu’il est mort centenaire ! 

Le régime méditerranéen c’est beaucoup d’huile d’olive, de fruits et légumes ainsi que des céréales complètes, des légumes secs, noix, graines. On y préfère le poisson, les œufs et la volaille à la viande rouge et la charcuterie. L’ail, les oignons, les épices et aromates y trouvent bonne place et on  privilégie les produits laitiers à base de laits de chèvre et de brebis. Enfin côté boissons, eau et infusions sont en abondance, mais un petit verre de vin rouge au cours du repas est autorisé. 

Au cœur du régime méditerranéen on trouve le polyphénol, présent en quantité dans l’huile d’olive, de nombreux fruits et légumes et… dans le vin rouge. Les polyphénols sont des composés organiques responsables à la fois de l’arôme, de la couleur et des propriétés antioxydantes des végétaux. Ces substances permettent de lutter contre le vieillissement cellulaire en neutralisant les radicaux libres, ces dérivés de l’oxygène qui s’attaquent à nos cellules et accélèrent le déclin de l’organisme. 

L’oxygène que nous respirons entraîne des réactions chimiques dans notre organisme, en particulier la transformation des sucres et des graisses en énergie dans les centrales énergétiques que sont nos cellules. Mais ces réactions chimiques ne “brûlent” pas tout l’oxygène disponible et une partie va finir en “déchets” : ce sont ces molécules d’oxygène destructurées et instables, dont les radicaux libres sont l’électron. Pour se stabiliser, ils ont besoin d’aller voler l’électron qui leur manque à d’autres molécules et vont, au passage, endommager les cellules, jusqu’à les détruire. C’est le fameux stress oxydatif, phénomène naturel qui conduit au vieillissement de notre organisme. Longtemps considérés uniquement comme nuisibles, on sait aujourd’hui qu’à petite dose, les radicaux libres participent à notre immunité (défense antimicrobienne) et sont nécessaires à la communication entre les cellules. Mais, en trop grande quantité, ils envahissent l’organisme et détruisent au passage toutes les cellules saines.

La formation des radicaux libres est favorisée par le tabac, la pollution, le soleil, mais aussi la prise d’alcool. Combinée au vieillissement, qui nous fait progressivement perdre nos capacités antioxydantes, la multiplication des radicaux libres explique, par exemple, que les protéines du poumon soient endommagées et perdent leur élasticité sous l’action du tabac (emphysème), que la structure du derme se dégrade (rides) ou que les lésions non réparées de notre ADN conduisent à un cancer.

Notre corps se protégeant naturellement de l’effet oxydant des radicaux libres en fabricant des antioxydants, et en les puisant dans l’alimentation, le choix de nos aliments est donc primordial.